LiveReport : Frankie and the Witch Fingers aux Congés Annulés

Du sous-sol de Bloomington au grand n’importe quoi synthétique de Trash Classic 

Frankie and the Witch Fingers naît en 2013 à Bloomington, dans l’Indiana, autour de Dylan Sizemore. Au départ, ce n’est même pas vraiment un groupe : Sizemore se produit seul dans les basement shows locaux, ces concerts organisés dans les caves et sous-sols étudiants, chantant en s’accompagnant à la guitare électrique et d’une grosse caisse actionnée au pied. C’est dans ce circuit qu’il croise Glenn Brigman et Josh Menashe, qui l’invitent à venir enregistrer dans le studio maison qu’ils partagent — le même où ils bricolent déjà les morceaux de leur autre groupe, Triptides.Le nom du groupe vient d’ailleurs d’un détail tout sauf mystique : Frankie est simplement le chat de Sizemore.

De passage dans le cadre de l’estival évènement aux Rotondes, les Congés annulés. Nous sommes allés jusqu’au duché du Luxembourg pour voir l’une de nos pépites plus toute jeune de la scène Garage/Punk/Noise de la scène californienne. Un groupe toujours présents dans les bacs et en évolution sonore constante qui mériterait qu’on en parle d’avantage même s’ils sont régulièrement en France pour des dates.

 

Frankie and the Witch Fingers naît en 2013 à Bloomington, dans l’Indiana, autour de Dylan Sizemore. Au départ, ce n’est même pas vraiment un groupe : Sizemore se produit seul dans les basement shows locaux, ces concerts organisés dans les caves et sous-sols étudiants, chantant en s’accompagnant à la guitare électrique et d’une grosse caisse actionnée au pied. C’est dans ce circuit qu’il croise Glenn Brigman et Josh Menashe, qui l’invitent à venir enregistrer dans le studio maison qu’ils partagent, le même où ils bricolent déjà les morceaux de leur autre groupe, Triptides. Le nom du groupe vient d’ailleurs d’un détail tout sauf mystique : Frankie étant simplement le chat de Sizemore… voilà !

Il y a une dizaine d’années, Frankie and the Witch Fingers n’était qu’une poignée de cassettes enregistrées dans un sous-sol de l’Indiana. Aujourd’hui, le groupe californien enchaîne les tournées européennes, cultive une réputation de bête de scène et incarne sur scène Trash Classic, son huitième album. Un difforme, mais nonobstant plaisant objet post-punk aussi grinçant que dansant.

Line-up :
Dylan Sizemore (chant, guitare) · Josh Menashe (guitare, synthés) · Nikki Pickle (basse) · Nick Aguilar (batterie) · Jon Modaff (synthés)

Projetés dans une D.A. orientée désormais vers le délire proto-synth depuis la parution en 2023 de leur album Data Doom et l’ajout sur les planches d’un cinquième membre permanent aux claviers dont les membres fêteront l’anniversaire ce soir là en compagnie des 200 spectateurs s’étant massés aux Rotondes pour voir ce qui se fait de plus énergétisant actuellement sur les planches.

Musicalement, leurs prestations scéniques marquent elles aussi aussi un vrai virage : les guitares psych-jam des débuts cèdent la place à un post-punk anguleux, gorgé de synthés grésillants et de rythmiques mécaniques, quelque part entre l’électro-punk froid de Suicide, l’esprit potache et parano de Devo et les nappes bruitistes de figures comme Osees. Le tout reste étonnamment dansant : sous l’anxiété ambiante et la faible luminosité ce soir là, presque des UV lights. Le récit porté évoque la dépendance aux écrans, l’isolement social ou la paranoïa technologique. Le groupe garde une énergie festive, presque jubilatoire, comme une fête qui continuerait de battre son plein à la fin du monde.

Définitivement sorties de l’escarcelle des « groupes qu’on te propose d’écouter si tu aimes les Osees« , ce nouvel album et l’orientation Toxic Trash très proche de l’esthétique de certains films de genre des 80’s projettent définitivement le groupe dans une nouvelle ère sonore et à l’image de l’orientation de Slift après un premier album cosmique, leur donne une identité sur la scène californienne toujours aussi florissante en groupe à pédales fuzzées et productions dystopiques barrées.

Le groupe jouera, ce soir là les trois-quarts des tracks en provenances des deux derniers albums en date, délaissant malheureusement pour les amateurs des pistes de l’excellent Zam pour ne jouer que le titre Work et abandonnant, à mon regret le long jam sur le culte Dracula Drug pour se focaliser sur les synths machines d’avantages. On les comprendra. Le son est crade mais le son est clair et tout le monde est audible (on a connu des lives de Frankie plus compliqué pour l’ingé-son !).

Petit bonus du soir et malgré un set qu’on trouvera toujours un peu léger vu la discographie déjà conséquente du groupe, après une heure pile de show et quelques hésitations, le quintet décoloré reviendra à l’arrache après des minutes d’applaudissements, pour interpréter une reprise foutraquement déjantée de Breed de Nirvana ou Dylan Sizemore viendra complètement se lâcher dans la fosse.

Pas de crash, pit au pied des musiciens, cette première incursion dans la longue salle des Rotondes est une belle surprise ! La petite nef aux allures de Supersonic nous surprendra par la qualité de son installation technique et la décoration apportée. Mention au petit bar du fond aux tarifs très corrects eux aussi quand on connaît le salaire moyen du pays, et qui servira même à manger si besoin.

La Setlist du soir :

  1. Empire
  2. Electricide
  3. Work
  4. Mild Davis
  5. Eggs Laid Brain
  6. Conducting Experiments
  7. Total Reset
  8. T.V. Baby
  9. Brain Telephone
  10. Cops and Robbers
  11. Futurephobic
  12. Bonehead
  13. Breed

Un grand merci à la très belle salle des Rotondes pour le son aux petits oignons, encore ce soir-là et à l’accueil des équipes présentes !