LiveReport : Festival Bon moment – Keg / Pales / Tukan

Des festivals en plein mois de mai, on va pas se mentir, il n’en existe pas pléthores en France, dans le Grand-Est… encore moins. C’est pourquoi il nous est important de mettre en lumière durant cette période de préparation à nos grandes messes estivales, des belles propositions hors saisons.

Aujourd’hui, on vous parle de rencontres, des propositions, de moments de partages, c’est ça et bien plus le Festival Bon Moment!

On s’était pris de passion pour l’édition automnale 2022 qui s’était déroulée en septembre dernier sur 3 jours, le rendez-vous est cette fois-ci printanier. Direction Nancy sur 2 jours, les 12 et 13 mai prochains pour une belle brochette de concerts, des expositions, des brunchs, des ateliers, des rencontres et du partage…

L’équipe de l’Autre Canal remets le couvert cette année en remettant le vivre ensemble au top de sa « tier-list » annuelle et explorer un nouveau format. La ligne de mir artistique de cette édition, c’est la mise en avant des nouveautés, des chemins de découvertes et l’émergence des talents locaux. Cette année l’accent semble particulièrement mis sur la scène Rock indé’ au sens large puisque l’on retrouvera notamment nos petits strasbourgeois de Pales fraichement auréolés des talents Inouïs pour l’Alsace, les incroyables Post-Punkeux déjantés de KEG, eux aussi de passage il y a deux ans au Printemps de Bourges.Le retour en rose et noir des Psychotic Monks, le projet solo drone de Cesar Palace de la fameuse Colonie de Vacances, des ersatz de Brit Pop, de chamber Pop Italienne, de la New-Wave, du Rock revisité façon mocktail 2.0 dans un écran rouge au cœur de la cité Ducale !

Le programme de ce vendredi pour nous, une triplette de concerts Rock !

Pales

Nous les avions vu il y a deux ans comme une toute fraîche formation, manquant encore de dates et de présence scénique. On les a revu il y a quelques mois lors de leur release-party à la Maison Bleue de Strasbourg qui avait alors mis tout le monde d’accord ! Les voilà à l’assaut de la Lorraine ce soir !

Pales est l’un des derniers joyaux de la scène active indépendante strasbourgeoise, celle qui concurrence désormais justement Nancy dans le Grand-Est en révélateur de talents rock.
Sélectionnés dernièrement à l’espace Django pour représenter la région lors des Inouïs du printemps de Bourges, les jeunes alsaciens semblent bien décider à déployer leurs ailes dans l’hexagone et présenter un format abouti et maitriser de Post-Runk féminisé et revisité après un EP plus qu’intéressant. Sur scène, les 5 musiciens et amis sont portés par une alchimie puissante et une tension maitrisée dans leurs instruments et sous les dizaines de potards nichés sous leurs pieds. Union de force dans le son, c’est aussi via Célia Souarit la frontwoman (cas trop rare dans le Post-Punk encore), qui porte haut par son interprétation théâtrale et ses vocals puissants et qui se accepte des inspirations Soul. Perçant un mix épais de guitares saturées, tantôt inquiétantes, tantôt hypnotisantes. On évoque évidemment Idles, Interpol, Diiv et consorts…

KEG

Le coup de cœur de cette soirée pour nous, ce sont les anglais de KEG !

A votre avis, combien de groupes de la scène Rock peuvent se targuer d’avoir un mec qui sait jouer du conque sur scène ? Voulez-vous voir du conque sur scène ? Keg vous réponds par la positive ! Outre son incroyable tromboniste, LE soliste débridé du groupe et base essentielle du son jazzy du band. Le groupe d’Art-Punk avec Albert Haddenham en frontman oscille toujours autant entre une classe « so british » et des gestuelles comique sur scène.

Parents riches d’un dernier EP plus maitrisé mais moins fifou’ dans l’exécution, dans le fond comme dans la forme. Les 7 membres (oui ça commence à prendre la place sur scène là) nous embarquent avec eux dans un nouvel univers que seul la térrible albion sait pondre comme enfant maudit. Il y a du Black Midi, du Squid, du Devo et la folie du nomadisme et du mouvement dans la musique de KEG. Parfois insaisissable, mélodiquement

Tukan

Auteurs d’un triptyque de titres lacustres, « Opal », « Atoll » et « Scuba », Tukan plonge sans oxygène dans les tréfonds du Post-Rock, là ou l’absence de lumière fait foi et y arrive à ressortir des couleurs inédites à travers des instrumentations jazzy et analogiques. Dans la pénombre et dans la brume, les quatre bruxellois reprennent les codes de la scène électronique dans leur travail scénique pour délivrer des ritournelles sombres, mais catchy et proposent une revisite « Live Band » des séculaires sets de fin de soirée.

Un excellent groupe que nous aurons d’ailleurs l’occasion de recroiser prochainement à Strasbourg, en clôture de soirée de la seconde journée du festival des copains du Pelpass à Strasbourg, que nous attendons avec impatience !

AfterMovie de l’édition 2022 :