ITW : Pogo Car Crash Control à Décibulles

Pogo Car Crash Control

Sans Puissance, la maîtrise n’est rien !

Ils sont jeunes, ils viennent de Seine-et-Marne, ils sont gentils comme pas permis, défoncent le  potard de gain de leurs amplis fender tout en chantant en français et se comptent sur le doigt d’un main. Aujourd’hui on part à la rencontre d’une des sensations Garage/Post/Punk/Rock/Ce que vous voulez française, Pogo Car Crash Control ou P3C pour les intimes. Quelques heures avant leur set coup de poing sur la tout nouvelle scène du Kiosque à Décibulles, le quatuor s’est prêté aux jeux des questions réponses avec une sympathie et une coolitude désarmante. 

Q : Bienvenu au festival Décibulles, vous allez jouer tout à l’heure sur la scène du Kiosque. Il y’a peut être un peu moins de pression de jouer ici après avoir fait récemment des gros plateau comme au Hellfest ou le Download ?

P3C : Alors oui c’est vrai que le Hellfest et le Download c’était une sacrée pression on ne va pas se mentir c’était assez stressant et c’est vrai que depuis qu’on a « réussi » ces concerts, ça s’est bien passé on est un peu plus détendu je pense.

Q : Vous avez passé un palier, c’est une étape importante d’être dans des festivals de ce niveau là ? Après la sortie de l’album il y a ces concerts là qui compte ?

P3C : Ouai, clairement le Hellfest ça compte, déjà sur Facebook je pense que la vidéo a hyper bien réagit et ça a été super bien accueilli donc c’était vraiment une date importante.

On nous a vraiment donné notre chance avec le Hellfest et le Download sur des scènes petites avec moins de monde, on s’est dit « on va voir » et ça s’est bien passé.

Q? : Et justement de passer à un festival généraliste de ce type, ça vous intéresse ? Parce que clairement quand vous aller au Download ou au Hellfest vous avez des gens devant vous qui veulent du « Shrak », ici peut-être pas spécialement…

P3C : On est pas trop stressé parce qu’on joue ici sur une petite scène un peu à raz du sol, entre deux groupes et qu’on va être dans notre habitude, ambiance punk, pas de barrières, le public qui va monter sur scène, donc finalement on est pas plus inquiet que ça. En plus on joue à 22h30, c’est assez avancé dans la soirée donc les gens auront quelques bières dans le ventre et ça risque de très très bien se passer…

Mais les festivals généralistes on a tout de même l’habitude d’en faire maintenant.

On trouve toujours un public de déglinguos (y’en a toujours).

Je crois qu’on a fait plus de festoch’ ouverts que de festivals spécialisés…

C’est pour ça qu’on a eu plus la pression de faire le Download ou le Hellfest, par rapport à une programmation pointue.

Il faut sortir du lot, ici c’est assez facile finalement. Toute l’année on fait des dates dans des salles, on croise un peu tout le temps les même personnes et là ce soir y’a des groupes qu’on a envie de voir mais qu’on rencontre jamais d’habitude.

Q : Justement il y’a des groupes dans l’affiche d’aujourd’hui que vous attendez de voir ?

P3C : Très clairement Catherine Ringer.

Moi je suis curieux de voir Roméo Elvis aussi.

Q : Donc vous venez aussi un peu en spectateur ?

P3C : Oui ! Bien sur, sinon tu passes à côté de quelque chose.

Q : Vous avez une identité visuelle qui est par rapport à votre look assez sage, pas de tatouages, par contre au niveau des clips…

Le groupe interrompt  : Alors on est tatoué depuis peu … « faîtes péter les tatouages » ! (Le groupe montre fièrement l’encre fraîche gravé sur leur peau)C’est un gars qui nous a vu et qui voulait nous tatouer et Olive (le chanteur et guitariste du groupe) s’est fait tatoué par des potes à Sens y’a pas longtemps.

Q : C’est pas le gratteux de J.C. Satan ?

P3C : Non c’est pas lui.

Q : Parce que lui est partant pour tatouer n’importe qui, faîtes un tatoo avec lui…

P3C : Ah ouai ? Je savais pas qu’il était tatoueur. Non là c’est Chantilly, c’est la scène de Sens c’est Johnny Mafia.

Q : C’est des bon potes de jeux d’ailleurs Johnny Mafia ? Les pochettes, les clips ça se ressemble, y’a du Burlesque, y’a du Thrash.

P3C : Ca a été une inspiration au début les Johnny Mafia et on se retrouve sur beaucoup de choses, c’est devenu des amis. On était assez fan au début et on a eu la chance de jouer souvent avec eux et on devenu plutôt bien potes.

Q : Question dans la question, vous confirmez Sens capitale mondiale du Rock ?

P3C : Ouai !

Q : Est-ce que dans vos clips c’est vous qui écrivez les scénarios ?

P3C : (Olivier) C’est mon frère Romain qui fait les clips du groupe, sauf le dernier qui a été fait par une boîte de prod’, il a été pris sur d’autres projets. Il a fait le clip de No One Is Innocent et du coup il était pas dispo’ mais c’est lui qui a la main mise sur les scénario donc c’est très « home-made ».

Q : C’est lui qui propose les scénarios mais c’est vous qui validez ?

P3C : Oui et chaque fois on se marre.

Q : il y’a pas mal d’influences du cinéma français, des choses comme Alexandre Aja, Haute Tension, Calvaire tout ça ?

P3C : (Olivier) Oh putain, bah il serait super content d’entendre ça.

Q : Par exemple « Comment lui en vouloir« .

P3C : …Alors justement c’est le seul clip qu’il a pas fait (rires).

Q : Oui mais il y’a une sorte de continuité ?

P3C : Oui il y’a une continuité dans les personnages, pas seulement les musiciens mais aussi …se marrer, on aime bien se déguiser. C’est vrai que ça va dans la continuité…

Mais c’est cool parce que le réalisateur du clip a vraiment respecté l’identité visuelle qu’avait Romain et c’est pour ça qu’il s’inscrit bien dans la continuité. Mais effectivement c’est son métier il est réalisateur.

Q : Du coup vous avez compris l’importance de la vidéo dans la vie d’un groupe, notamment en lien avec les réseaux sociaux ?

P3C : Exactement parce qu’à la base avant de signer en maison de disque, on était vraiment très en « solo », il y’a pas mal de clips de notre premier EP que l’on a viré de Youtube. A l’époque on le faisait nous même et oui on a sorti deux vidéos qui ont changé la carrière du groupe. Ca a été Paroles / M’assomment et Consensuel et on les a clippé et effectivement, c’est le nerfs de la guerre la vidéo sur internet.

Et même l’image, on a notre pote qui dessinait les pochettes et qui était déjà là avant. Et on s’était dit qu’on aller sortir une chanson par mois pour que ça fasse un album à la fin et qu’il dessinerait une pochette par mois.

Du coup avant l’EP et l’album ça faisait déjà un bail, et lui aussi a travaillé sur l’esthétisme.

Il a fait plein de dessins que vous pouvez voir sur les publications Facebook des années 2012,2013,2014… il était là depuis le début Baptiste aussi.

Q : Et si l’on repart sur l’album, quel est le retour du public ?

P3C : J’ai l’impression que ce qui a vraiment changé en concert, on joue les morceaux de depuis plus d’un an mais le moment ou l’album est sorti, les gens se sont mis à comprendre les paroles et du coup les gens commencent à chanter les paroles. C’est hyper agréable ! On a sorti l’album en mars, le mois suivant les gens qui venaient connaissaient les paroles et c’est cool, ça commence à se développer.

C’est hyper agréable c’est clair, parce que l’on on chante en français quand même. Pas pour que les gens chantent avec nous nécessairement mais c’est quand même plus facile pour le public quand il retiennent deux, trois mots, de les gueuler avec nous et là c’est dans ces moments ou l’on regrette pas d’avoir choisi de chanter en français.

Q : Dans une autre interview vous disiez avoir envie de jouer de plus en plus fort , d’être plus violent dans votre musique. C’est aussi emmener le public plus loin, vous trollez un peu en vous comparant à BBbrunes…

P3C : Ah on troll carrément ! (rires). Mais non mais ou nous a infligé cette influence alors on assume hein (rires). C’est au public de juger, on nous a dit qu’on sonne BBbrunes et Slayer, moi je pense que c’est cool quoi !

Q : Qui est cet homme ? Philippe Manoeuvre ?!

P3C : C’est une personne connue, c’est le rappeur des Anticipateurs  , un rappeur canadien.

Q : j’ai vu aussi dans une interview on vous compare pas mal à Guerrilla Poubelle. Pas totalement d’accord sur le coup, on vous verrez plus sur des influences type Refused avec une énergie, une puissance, une violence qu’il ni y’a pas forcément dans Guerilla.

P3C : C’est autre chose,  c’est un autre style, nous on écoutait Guerilla quand on était jeune.

Q ? Mais est-ce que vous vous définissez comme Punk ?

P3C :  Au début on était défini comme plutôt Garage, maintenant y’a le mot Hardcore qui commence à ressortir de plus en plus. Et puis sinon va falloir assumer…on fait quand même du Rock français (rires).

Q : C’est vrai que c’est très ouvert, il y’a du Punk, il y’a de la Pop sur Insomnie. Mais quelles sont les vraies influences que l’on peut voir à travers l’album ? On cite Slayer, Mudhoney mais concrètement ? Il y’a deux, trois albums qui on étaient là, du début jusqu’à la fin pour ce disque ?

P3C : Ouai, pas évident…

A la base quand on a monté le groupe, on était vachement influencé par la vague garage, Ty Segall, FIDLAR, les groupes comme ça…

C’est vrai qu’on a découvert la scène Hardcore « assez tard », au moment ou on a commencé à enregistrer le disque et ça nous a beaucoup influencé. Sur les influences du disque, bon il y’a toujours eu les Dead Kennedys ce genre de choses, un peu old school, Nirvana, les Melvins. Sur le disque je voulais quand même des rythmes de guitares avec du Palm-Mute, « Krum Krum krum » parce qu’il ni y’a plus beaucoup de groupes qui jouent comme ça. Et c’est dommage, je trouve ça cool ! Comme les Melvins. Le disque c’est un espèce de croisement entre le Grunge, le Punk, le Hardcore et le Death-Rock aussi avec des moments un peu flottant.

Q : Le Grunge on le retrouve aussi dans les paroles.

P3C : Complètement ! Je parlais de Death-Rock, quand tu écoutes les paroles de Birthday Party, Nick Cave toute cette vague un peu gothique… la New Wave ce sont des thématiques qu’on aime bien. L’isolement, l’amour, la la mort… ce genre de choses.

Q : Les lyrics sont inspirés par votre jeux, vos sessions ? Qui écrit ?

P3C : C’est assez personnel, on écrit pas ensemble, on écrit chacun de notre côté et puis si quelqu’un ramène un texte, on le teste.

Q : Vous avez commencé plus pop et vous vous êtes radicalisés, d’autres groupes commencent à se popisé, vous imaginez encore vous radicalisez ?

P3C : On pense affiner, on s’est beaucoup cherché. On a toujours fait des morceaux bien Rock, on a toujours aimé, le Grunge, le Punk, Skate-Punk. Avec l’EP, quand on a signé avec notre maison de disque, on a concentré tout ce qu’on préfère sur 6 morceaux et c’est la ou on a commencé à vraiment trouver le son « Pogo ». Donc je ne sais pas si on va se « radicaliser » mais on a trouvé notre « nid », on va le creuser de plus en plus. Ca aboutira forcément à des morceaux plus efficaces, plus agressifs ou peut être des ballades plus sympa. Je sais pas…

Q : Donc vous avez trouvé « votre voie » ?

P3C : Ouai je pense qu’on est sur l’autoroute !

Ouai c’est pas très modeste de dire ça, c’est notre première album, on a trouvé qui on est. Ca va évoluer !

S’approfondir, on est moins perdu. Avant on était là « Ouai ce morceau rentre pas dans le moule, on fait des trucs un peux différents quand même et la je pense que l’on a un bon cadre…

Q : Vous faîtes partie de la scène Rock française, vous vous sentez proche de quels groupes hormis Johnny Mafia cité tout à l’heure ?

Les Psychotik Monks, clairement c’est le truc qui explose le plus sur scène en ce moment. Dès qu’on joue avec eux c’est génial !

Q : Quel est le groupe de votre adolescence ou qui vous inspire maintenant avec lequel vous aimeriez jouer avec ou faire la première partie ?

System Of A Down !

Je ferais bien la première partie de Converge

Gojira ce serait un beau challenge, en plus ils sont français !

Q : Et avec les No One Is Innocent ça a été ?

Les No One, on a joué pas mal de fois avec eux et on a une relation assez cool, ils sont sympas, Romain a fait leur clip et c’était super !

Q : Vous avez fait un final avec eux sur une reprise de Nirvana ?

P3C : Ouai, ils nous ont gentiment invité.

  • Aucune comparaison à la récente reprise de Shaka Ponk n’a été faite durant cette interview.

Q : Merci à vous !

Retrouvez toutes les infos (Sorties, tournées et shop de P3C sur le site officiel : pogocarcrashcontrol.com

Merci à l’équipe de Décibulles et les collègues de Sensation Rock, La Grosse Radio, DNA et l’Alsace pour l’interview croisée.