ITW : Lysistrata à Décibulles

Lysistrata

Théâtre Rock en un Acte

Après Pogo Car Crash Control, on a eu l’occasion de rencontrer un autre groupe du nouvel ordre du Rock Indé français qui monte et démonte. Loin de la comédie Grecque éponyme engagée et exclusivement féminine, les Lysistrata sont un trio exclusivement masculin du Sud-Ouest et qui n’ont pas peur de grand chose, en tous cas pas des étiquettes, des pedalboards et des dictatures.

Question :  Salut, est-ce que vous pouvez vous présenter rapidement pour les gens qui ne vous connaissent pas encore ?

Lysistrata : Alors on s’appelle Lysistrata, on vient de la ville de Sainte dans le Sud-Ouest et on existe depuis janvier 2013 et notre style, je ne sais pas trop exactement ce que c’est…

Un Dérivé de Rock, Rock alternatif.

Ouai on va dire ça, c’est plus simple que de partir dans des sous-genres ultra compliqués.

Du coup on à Théo la guitare, Ben à la batterie, moi Max à la basse.

Q : Et donc c’est Ben qui est originaire de Bristol si j’ai bien compris ?

L : Ouai alors je suis née en France mais toute ma famille viens de là bas.

Q : Et tu es née à Royan c’est ça ?

L : Ouai. Vous savez tout maintenant. Ils ont mon passeport !

Et d’ailleurs Ben va avoir sa nationalité française !

Oui, je suis passé au tribunal l’autre jour, je ne sais pas pourquoi ça se fait au tribunal d’ailleurs…pour avoir avoir la double nationalité.

Q : Félicitations, donc tu vas être champion du monde demain ? (la finale France-Croatie se jouant le dimanche et dernier jour du festival)

L : Ouai exactement ! J’aurai pu être champion du monde deux fois mais non, l’Angleterre joue tellement mal en ce moment.

Q : Ouai elle perdait 1-0 tout à l’heure je ne sais pas si tu as suivi.

L : 2-0 même là…

Q : Retournons sur le Sud-Ouest ou il y’a une grosse scène locale, je trouve que cela se développe pas mal au niveau de la scène indie notamment avec le fer de lance J.C. Satan à Bordeaux, Datcha Mandala, qu’est-ce que vous pensez de cette scène qui explose et qui se connecte en ce moment en France au niveau Rock ?

L : Ouai on croise un peu tous les groupes qui montent en même temps mais à Bordeaux il y’a beaucoup de groupes de Rock, Garage et de trucs dérivés de Stoner, ils sont très fan de ces trucs à la Kadavar. Mais c’est cool, on est juste à côté de Bordeaux… tous les groupes de Born Bad, c’est des bons groupes.  Maintenant ça n’existe plus mais pas loin il y’avait African Tape. Quand tu suis les bons labels, y’a des bons groupes.

Q : Vous avez pas mal tourné dans le coin forcément, à la Sirène notamment et vous vous êtes fait repéré via le Ricard Music Live en 2017 ?

L : Avec toutes les dates que l’on à faîte surtout, le Ricard ça a été un boost en plus, plus médiatique. Mais sinon les dates on les avaient, ça nous a rajouter dix dates dans notre truc, on l’avait pas forcément prévu. Ouai c’était surtout médiatique.

Q : On a pu vous voir au mois de Septembre à Détonation pour la radio (Sensation Rock) et on avait échangé déjà sur le Ricard Tour et vous disiez que cela permettait de mettre la lumière le groupe mais qu’avant, vous étiez déjà au charbon quoi ?

L : Ouai, en fait on parle plus trop de Ricard. On en a parlé 1000 fois et au bout d’un moment cela nous a presque desservi. Ça nous a servi médiatiquement, c’est vrai que c’était cool puis l’équipe est vraiment adorable. Evidemment tu as plein de gens qui nous ont découvert là dessus, ça t’ouvre un champ que nous n’aurions peut-être jamais eu, des articles dans des trucs qui ne se seraient jamais intéressés à nous.

Q : Comme de jouer avec Mome et Mai Lan ?

L : Exactement, mais c’était drôle hein ! Moi c’est une tournée je m’en souviendrai toujours. Tu as des gens qui sortent de la soirée et te disent « putain j’avais jamais écouté de Rock de ma vie ! ». Au moins c’est hyper chouette, il y’a des gens des fois dans les salles qui viennent nous voir, ils kiffent trop mais tu vois qu’on est le seul groupe de Rock qu’ils écoutent et à côté tu as des jeunes qui se sont mis à écouter pleins de choses à côté après nos concerts.

Q : En parlant de tournées, vous avez fait  un court passage par la Chine récemment, ça a donné quoi ? Les groupes français sont assez apprécié là-bas et ils ont peu d’aprioris.

L : On a fait une tournée en Asie ou on a fait Malaisie, Vietnam, Indonésie, c’était hyper cool, le public est hyper curieux et ils n’ont pas l’habitude d’avoir des concerts tous les jours. C’est vraiment différent, ils ont une culture ou ils ont envie de prendre des photos tout le temps de toi. Après un concert tu as l’impression d’être Jesus. Ils viennent sur la scène à la file pour se faire prendre en photo. La Chine c’était cool mais c’est la dictature là-bas donc tu sens que le gens sont très … timides enfin, réservés. Ils vont pas faire des pogos et se foutrent sur la gueule sinon ils se font taper…

Mais c’était intéressant qu’ils nous choisissent nous, pour qu’on aille jouer là bas parce que ce n’est pas très Rock quoi. Les groupes de Rock qu’ils connaissent c’est Linkin Park et c’est à peut près tout…Du coup le fait que l’on fasse un son qui est assez vénère, Punk, c’était drôle. Du coup, des gens sont partis parce qu’ils ne comprenaient pas ce qu’il se passait. Donc je trouvais ça cool qu’on nous envoi là-bas alors que c’est à l’opposé de leur culture.

Q : Justement il y’a pas mal de groupes alsaciens qui ont déjà sauté le pas d’aller en Chine plusieurs fois, Colt Silver, 1984, Last Train et ils disent qu’à chaque fois ils ont envie d’y retourner parce que la première fois ils font 3 dates, après 4 etc…

L : Ouai carrément. On a joué notre dernière date à Pékin, c’était dans un club avec des groupes chinois et c’était trop bien. On a envie de refaire ça. C’est la seule date ou l’on avait l’impression que les gens étaient vraiment là pour écouter du son. La plupart des dates c’étaient des gros concerts organisés avec l’institut français, très bling-bling, grosse scène avec des lumières de partout avec des expat’ et ce n’est pas vraiment ce que l’on recherche. On est plus à jouer dans des clubs, créer des vrais liens avec les gens.

Q : Mais c’est tout de même bien que l’Institut Français fasse appel à vous ?

L : Ouai c’est cool qu’on nous choisissent comme pour Ricard, c’est pas habituel qu’on gagne ces trucs là et qu’on nous envoie dans des choses comme ça.

Q :  D’ailleurs pour le Ricard,  c’est MNQNS qui a gagné cette année…

L : Ouai et ça nous a fait plaisir aussi, parce que ça s’ouvre aussi. On s’est dit « ils vont pas prendre du Rock deux années de suite »… et si ! On était un peu médisant (rires). Mais c’est chouette, l’accompagnement est vraiment bien.

Q : Ca vous a permis de financer un EP, il vous a servi de base pour l’album ?

L : Pas forcément, c’est une sorte d’avant goût avant l’album parce que l’on avait déjà l’album de prévu. On savait qu’on allait en studio en juin dernier. On avait pas prévu de sortir un EP (rires) donc on a mis des morceaux qu’on ne voulait pas mettre sur l’album. On a sorti l’album 3/4 mois après. En réalité l’album est sorti vraiment peu de temps après, du coup on a pas laissé le temps « de vivre » à l’EP, auprès du public et des pros. Tu as gens qui prenaient ça juste comme un CD promo, nous on avait pas prévu d’en sortir un, on était vraiment focus sur l’album.

Q : Et depuis la sortie de l’album, quels sont les retours du public ?

L : Bah c’est chouette, on a plein de dates, on a bien tourné dessus et en peu de temps donc c’est cool.

Q : Vous avez déjà du nouveau matériel à proposer ?

L : Ouai on bosse… enfin quand on a le temps car on a beaucoup de dates, quand on trouve du temps pour répéter, on bosse là dessus. On a quelques petites idées, on jouera un nouveau ce soir. Mais on a rien de prévu comme date d’album, de studio, on va faire des morceaux quand on a le temps et quand on aura assez de morceaux, on se lancera.

Après c’est cool c’est crescendo, on ne fait pas que des gros trucs ou des petits trucs… après cette semaine c’est la semaine ou on se tape tous les gros festivals. Mais l’été c’est cool, on fait Dour, on va aux Vieilles Charrues, au Paléo… Ce qui fait qu’on a sorti l’album, on a pas mal tourné et ça enchaînera tranquille sur le prochain, on ne sait quand.

Q : Concernant l’album, et dès sa sortie ce qui m’avait marqué c’est ce son très aérien, il y’ vraiment de « l’air » entre les morceaux et les pistes respirent. Ce serait difficile de vous coller une étiquette de « Post » quelque-chose. C’est difficile de vous décrire et je pense que vous vous en foutez un peu ?

L : Ouai (rires)

Q : Il y’a des influences, quand on écoute l’album ou vos autres Interviews on pense à At The Drive In, parfois Refused et des trucs Noisy ou percussifs à la Battles. Mais les morceaux respirent et le mix est bon !

L : C’est Michel Toledo qui du coup qui a fait les prises et le mix et on c’était dit, c’est le mec qui nous connaît le mieux en Live et nous on voulait un son Live. On n’avait pas envie de se prendre la tête et d’être en famille, on avait confiance donc lui a dit « si t’es chaud Michel on fait l’album avec toi » et on est hyper satisfait du résultat. On s’est pris une semaine en studio, on a enregistré uniquement en Live. On lui a fait entièrement confiance, on a eu l’expérience de studio sur les premiers trucs mais c’était pas terrible et il y’a eu Ricard, ca s’est fait au BIM à Montreuil (studio des Stuck In The Sound). On a pas fait de la prise Live, Bass, batt et je faisais mon truc derrière… et faire un style qui correspond à du live, vraiment Brut et Michel qui a fait de l’enregistrement là bas et du coup il nous a dit « les gars moi j’ai fait des enregistrements il y’a dix ans là bas, je suis chaud d’y retourner c’est un studio d’enculés, vous allez être bien ». Et ça s’est super bien passé on était tous les quatre dans le studio et c’était terrible, c’est la grosse campagne t’es à 50 minutes d’Angers, 50 minutes de la vie quoi ! C’était cool, c’est un gros studio mais on peut tous se regarder. Les morceaux sont écrits mais il y’a passages qui peuvent durer plus longtemps, des longueurs…

Q : Donc ce soir, en Live on peut s’attendre à une ambiance proche de l’album ?

L : Vu que là c’est 35 minutes, on va aérer moyen (rires)…

Q : Un show brutal comme les Pogo hier soir ?

L : Il y’a des passages, j’aurais bien aimé les voir sur cette scène là. On les a jamais vu sur une petite scène, ça s’y prête bien. Sur les grosses scènes on était moins dedans.

Q : Pas de morceaux de 8 minutes alors ?

L : Sisi carrément ! On va essayer de les rentrer. En plus on en a pas finalement masse des morceaux courts actuellement… on risque de dépasser un peu.

Q : Quel est votre regard sur la scène française actuellement et quels sont vos partenaires de jeux, groupes « potes » avec qui vous aimez partager le plateau ?

L : We Insist de Paris, Equipe de Foot, Ropoporose, Johnny Mafia, Papier Tigre, Nursery, Robot Orchestra… il y’en a pas mal.

Q : Et par extension avec qui vous souhaiteriez jouer ?

L : Bah Peter Kernel on est ultra fan et ils jouent là et on est super content de jouer avec eux ! On les a raté partout, mais partout ! A chaque fois on jouait dans le même truc et il jouait la vieille ou avant. C’est un super groupe, on écoute depuis un bail mais on les a jamais vu , donc là t’a l’impression de voir Sonic Youth, gros gros groupe.

Q : Merci encore à vous et bon show ce soir !

Retrouvez toutes les infos (Sorties, tournées et shop sur la page facebook du groupe): 

https://www.facebook.com/lysistratatheband/

Merci à l’équipe de Décibulles et les collègues de Sensation Rock, pour l’interview croisée.