NJP 2018: Le blues de l’Étudiant.

La quarante cinquième édition du Nancy Jazz Pulsations bat son plein: soirée d’ouverture jeudi au Magic Miror avec Black Milk le rappeur de Detroit et Tank and the Bangas, inclassables poètes venus de la Nouvelle-Orléans pendant que  Raphaël Imbert metissait avec talent Coltrane et Bach à la basilique Saint-Epvre . Première soirée flamboyante au chapiteau, vendredi, avec Groundation et Fatoumata Diawara. Plus au nord de la ville, au Hublot, les Olivensteins ont rajeuni de 40 ans et ont ressuscité la grande époque du punk pur et dur.

Mais le NJP c’est aussi une foultitude de rencontres au quatre coins de l’agglomération: gamins, collégiens, prisonniers, publics empêchés, personnes hospitalisés, centre sociaux, quartiers, tous les publics sont invités à se joindre à la fête. Comme ces étudiants qui ont découvert Olivier Gotti, installé au milieu de leur resto’U habituel du Cours Léopold.

Olivier Gotti       NJP 2018      Crédit photo: J’aimelesfestivals.fr

Assis avec sa guitare hawaïenne sur les genoux, le Bluesman a livré un concert de qualité et empreint d’une belle sensibilité. Pas facile pourtant, de mobiliser l’attention de convives plutôt distants. Il faut dire que la prestation du musicien n’était pas très valorisée par les organisateurs. Pas de présentation, pas de communication avec le public, pas d’échanges, pas même une affichette pour signaler le concert…il fallait être curieux pour aller un peu plus loin dans l’information. Sans doute aurait-il fallu plus de passerelles entre  la communication digitale bien organisée et la communication réelle et humaine beaucoup moins investie par les organisateurs. Mais Olivier Gotti n’en avait cure et devant son micro, il a déroulé avec classe son tour de chant avec une voix bien posée et profonde qui soutient sa ferveur pour le blues. Il sait tirer le meilleur de sa fameuse Weisborn. Avec ses sonorités hawaïennes et son jeu en slide, la guitare colle aux mélodies bluesy. (Ah, cette émouvante reprise de the Wall!) Une qualité et une sincérité qui ont fini par toucher les étudiants présents.

Olivier Gotti    NJP 2018     Crédit photo: J’aimelesfestivals.fr

Celui que l’on compare à un certain Ben Harper a su faire passer sa passion du blues. Une musique que certains étudiants écoutent parfois, d’autres beaucoup moins mais qui leur semblait bien convenir à ce type de concert. Certains auraient aimé que l’expérience soit renouvelée avec d’autres styles de musique jazz. D’autres nous ont aussi suggéré qu’il serait intéressant de solliciter des formations étudiantes à l’occasion du NJP. Une chouette idée qui semble faire son chemin du côté du CROUS et du NJP et qui pourrait prendre corps à l’occasion de l’édition 2019 du NJP.