La Magnifique Society : Report Musical du Vendredi 19 Mai

  • Programmation Jour 1 : Vendredi 19 MAI : Il est 17h00, Reims s’éveille et on s’installe gentiment, premier verre en main devant la Grande Scène et sa foule clairsemée pour admirer le premier artistes de cette édition sous un soleil timide, mais présent.  

Talisco

On arrive tout pile à l’heure pour profiter du concert d’ouverture de ce festival avec Talisco. La formation live menée par le Bordelais Jérome Amandi réussi le pari de faire bouger les timides festivaliers de ce début d’après-midi encore un peu tiède aux sons de son dernier opus, Capitol Vision. Diffuseur d’une Pop lorgnant ouvertement sur de l’électro « Add-Friendly », le groupe gagne une aura Rock supplémentaire sur scène qui est tout sauf désagréable. Premier constat et bonne surprise, le son nous apparaît clair et bien réglé pour une première prestation. C’est frais, c’est clean et ça sonne. Incluant bien évidemment leur tube « Your Wish » dans la fin d’un set généreux, ils finiront par faire succomber ces premières rangées de têtes encore quelque peu clairsemés et feront connaître au gazon ses premières danses du week-end.

Judy

On se dirige vers l’extrémité du Parc pour voir la fin du set de ce Trio Power-Pop sans conventions mais avec vocoders. Auteurs d’un prometteur EP Oupos l’année passée, les compositions lascives, noires, très cinématographiques nous sont apparus plus logiquement cette fois-ci incarnées et lumineuses sur scène. Avec des Beats finalement assez proche de ce qui peut se retrouver sur certaines scènes Trap, la musique de Judy mêle habillement des éléments synthétiques pour y trouver une originalité appréciable et certaines montées assez inattendues. Un petit groupe à suivre.

Agnes Obel 

Première tête d’affiche de la soirée, la  Danoise Agnes Obel qui s’est faîte un nom et une réputation aussi bien critique que publique en quelques années de par ses prestations remarqués dans les SMAC Européennes était là pour un set intimiste et personnel. Délivrant son charme habituel et sa voix d’ange, elle navigua entre compositions récentes issues de son dernier opus et les douces mélodies l’ayant révélés il y’a quelques années. Si la prestation de celle-ci et de son groupe est un vent de fraîcheur, une pause divine appréciable dans un écrin paisible la complétant. On ne peut qu’affirmer que son genre et ses compositions restent tout de même plus appréciable lors d’un show en salle, ou une scénographie plus poussée est présente et le rendu intimiste de son talent est magnifié. On aurait préféré la voir jouer à la tombée de la nuit par exemple.

Bon Entendeur 

L’électro à tendance Chill est la mode du moment tout comme les groupes et DJ francisant caricaturalement leurs blazes. Bon Entendeur réponds à l’appel de ses deux mamelles du succès Made In France et nous a proposé un set éclectique mais diablement maîtrisé. Si aucun genre ne semble être mis en avant, le duo arrive à savamment mixer Hip/Hop, Funk, Chansons à synthés bien 80s et autres classiques intemporelles. Remplissant parfaitement leur mission consistant à ré-arranger tubes à leurs sauces et faire monter la mayonnaise chez le public enfin disposé à danser comme il se doit. Sans attentes particulières, on a passé un agréable moment devant. Typiquement le genre de mecs assez doués pour faire danser n’importe qui sur n’importe quoi et sans transitions. Un peu les DJs que vous voudriez vraiment avoir à un mariage non consenti entre les deux familles des mariés.

AIR 

En France, il y’a bien entendu les Daft Punk, Cassius et maintenant Justice qui rayonnent sur la scène internationale depuis pour les premiers des décennies, pour les seconds des années. Mais 2016 a permis à beaucoup de se rappeler aux doux sons mélodieux, nocturnes et subtils d’un des plus grands duo électronique français. Date exceptionnelle à Reims pour leur tournée Anniversaire, vingt-ans de bons et loyaux services rendus à la musique et aux cinémas ont permis à AIR de se tailler une réputation scénique intemporelle et volatile. Reprenant la scénographie que l’on avait pu admirer lors de la tournée de 2016, le groupe semble s’être targué d’une setlist encore plus « Best-offisé » et adaptent ses standards à merveilles, entre proposition futuristes et honnêteté culturelle par rapport à leurs propres oeuvres. La taille non démesurée de la Grande Scène aura permit de garder cette part intimiste et magique qui sied si bien à leurs compositions. Prestation plus agréable à titre de comparaison que celle dont nous avions pu assister lors des Eurockéennes l’année précédente. Parfaitement raccord à ce superbe cadre, c’est un succès complet pour le groupe qui quitte le public Rémois sous de vives applaudissements pour s’envoler vers l’Asie et continuer son immense tournée mondiale.

Trentemøller 

Intermède avec l’une des figures de proue de la scène techno. Seconde formation Danoise de la soirée mais sans comparaison aucune avec la douce Agnes Obel, le compositeur Anders Trentemøller embarque son public pour une prestation live accompagnée de musiciens sous une ambiance rideau de fer. Le tabassage clinquant des basses de cette minimal house/techno contraste quelque peu avec ses créations studios, loin sans nous déplaire nous faisant regretter d’autant l’absence scénique d’un Gesaffelstein. Plus violent, moins dansant et surtout plus froid, il aura cependant eu du mal à conquérir un public bien souvent de curieux et à l’heure ou les premières fatigues se font ressentir dans l’audience et ou ils sont déjà nombreux à se tasser devant la Grande Scène pour accueillir la nouvelle référence scénique Berlinoise.

Moderat 

Fin de soirée en compagnie de la triple alliance électro aux trois premiers disques aussi tonitruants que directs. A en juger de la fosse cette fois-ci bien plus compacte et mouvante que pour AIR, c’étaient bel et bien eux LA tête d’affiche la plus attendue du soir. Fort d’une nouvelle scénographie dont on a pu admirer les premières esquisses en direct lors de Coachella, le groupe se targue d’une prestation live toujours plus théâtrale, presque biblique. Oscillant entre versets de grâce et d’abimes techno comme seul Berlin peut donner naissance. Malgré quelques fausses notes liées à la gestion du son, le set du trio restera l’un des « highlights » fort de la journée. Cette prestation perfectible mais faisant écho d’un point du vue sonorités avec celle de Trentemøller juste avant, aura certainement marqué des traces dans une audience captivée et en attente, en besoin presque d’une piqure de basse après la douce morphine prodiguée par AIR sur la même scène juste avant. C’est simple, pour beaucoup il fut tout simplement dur d’imaginer cette journée déjà finie …