#Live Report : Festival des Artéfacts 2017 au Zenith de Strasbourg

Die Hard : Un Long Dimanche de Fiançailles compliquées

Journée unique d’une édition en format réduit qui a subi quelques coups durs ces derniers mois. Tous les regards étaient donc tournés vers le Zenith de Strasbourg en ce Dimanche d’été, une date de saison devenu la norme pour les festival initialement tributaire du mois d’Avril. Le Zenith Europe, QG habituel désormais du festival, accueille en son sein 6 groupes et ceci dès le début de l’après-midi jusqu’à la nuit tombé. Nous avons rapidement pu prendre compte d’un premier indicateur de réussite de cette édition, par le biais la salle et ses spectateurs.

Rencontre avec un 3ème type

En effet, dès les premiers pas dans l’enceinte que l’on commence mine de rien à bien connaître, on se rend rapidement compte de l’aménagement de ce Zenith en un format réduit. Sans être riquiqui, de nombreuses rangées de sièges sur les côtés ainsi que celles à l’arrière seront masquées par des grandes toiles noires masquant la taille démesurée de cett belle structure. Ce premier constat, couplé à la découverte d’une toute timide fosse à peine quelques minutes avant l’entrée en scène du premier groupe (peu avant 13H30) n’est guère rassurant. Signalons tout de même qu’à une heure ou certes, la plupart des gens normaux sont entrain de casser la croûte ou attendent patiemment les gros noms de fin de soirées chez eux avant de décoller pour prendre l’A4. La billetterie n’a aucune comparaison avec celle de 2016 à la même heure. Et tout semble indiquer que l’organisation avait prévu « cette méforme » avec cette installation interne mais aussi en limitant les stands dans les allées du Zenith sans même inclure carrément de stands à l’extérieur. Une prestation minimale mais correspondant finalement à la densité et le besoin d’un public plus restreint. Si la salle se remplira plus conséquemment par la suite, avec presque toutes chaises trouvant son séant et qu’elle accueillera une fosse « acceptable » à partir du Set de PowerWolf. Les chiffres ne mentent pas cependant. Il nous paraît difficile de croire que l’organisation à pu trouver son équilibre budgétaire avec le cashflow billetterie. Avec un ticket de base à 40euros pour 6 groupes de renoms, sur la facture cette journée au Zenith avait pourtant l’apparence d’un produit plutôt attrayant en terme de rapport qualité-prix (Mastodon en salle avoisinant les 30/40 euros, Anthrax un peu moins au même titre que PowerWolf), un tarif d’autant plus correct que l’évènement chapeauté par les Artefacts proposaient des billets au tarif AtoutVoir/Carte Culture à un tarif ridicule, presque donné de 6euros (oui,oui bien 1euro par groupe donc… ). Ce n’est donc clairement pas le prix tout sauf prohibitif bien que conséquent qui a influé négativement sur l’affluence du site. Allons voir du côté de l’affiche plutôt…

Tête d’affiche, le Contrat de Confiance

Sur le papier, on à affaire à une programmation teintée d’un mimétisme résolument éclectique pour le genre annoncé et incluant par moment le même ADN musical que son homologue de 2016. Sans être qualifiable de « foutraque », on a quand même ressenti une certaine difficulté à trouver du lien dans cette programmation qui s’éparpille volontiers entre genres et époques. Sans être un fait désagréable sur une journée anodine, on explique difficilement l’orientation générale de cette prog’ ou du moins le moins le point de départ de celle-ci. Enfin si… Le point de départ semble être tout du moins le Booking initial de Trust, tête d’affiche de la journée et premier nom communiqué, autour duquel le reste de la programmation semble s’être bâtie. Un pari risqué déjà lors de la première annonce et qui a souffert des échos de la récente prestation du groupe au Hellfest peu de temps avant la date de ce Dimanche. Soyons honnête, en 2017 Trust est-il une tête d’affiche suffisamment attirante pour un festival de ce rang ? Malgré l’absence du groupe depuis des années sur la scène musicale, notre réponse est malheureusement tranchante mais honnête. NON ! Parce que Trust n’a justement rien à défendre de récent sur scène, parce que le groupe n’a pas engagé une communication poussée sur sa tournée, le groupe est suivi par moins de 9000 personnes sur Facebook quand un Mastodon frôle le Million (un élément dérisoire en apparence mais qui à son importance en terme de communication et comme vecteur de puissance en terme de vente et d’attractivité de nos jours). Mais l’une des raisons principales c’est aussi et surtout parce que le groupe, absent depuis des lustres, revient toute bringue d’un coup et tourne absolument PARTOUT jusqu’à la fin de l’année. Un gros noms dans les années 80s oui, mais qui désire surfer (à titre légitime comme beaucoup de groupes) sur une Nostalgie de l’époque. Une nostalgie finalement inexistante ou du moins rare  chez le public actuel, du moins pas en tant que tête d’affiche. Pas forcément une erreur de casting donc, mais une erreur de rôle. Comme si Heath Ledger avait joué la chauve souris et inversement, Christian Bale le Joker dans The Dark Knight. Est-ce que l’ensemble aurait été-mauvais, non ? (moins que la mort de Cotillard dedans). Mais le rendu finalement en a t-il pati  ? Oui clairement. Il semblait manquer un élément à défaut d’être central, du moins final dans cette soirée. Ce lien permettant de clôturer en beauté la soirée et de justifier le prix du billet, de longs déplacements, quelque chose d’unique. Ce quelque chose « d’unique » nous l’avons évidemment eu, un final avec Trust dont nous parlerons plus tard. Mais ce n’est encore une fois pas un Groupe, une promesse de vente, ce n’était pas annoncé sur l’affiche concrètement (au mieux supposable au vu de l’affiche). Moment sympathique, mais un Climax qui ne semble pas avoir excité suffisamment le public pour ouvrir ses bourses et venir se déplacer en masse ce Dimanche.

On a franchement été un poil triste de voir ce Zenith relativement vide. Les Artefacts ont toujours eu la capacité de créer d’excellentes éditions depuis des années, aussi bien au Zenith de Strasbourg que lors de soirées dantesques dans les salles de La Laiterie en arrivant à booker (et ceci en dehors des périodes estivales) des artistes incroyables dont la SMAC locale peut être fier d’afficher à son tableau d’honneur. Sincèrement, on ne comprends pas tout ce qui a pu se passer cette année comme couacs. Mais nous n’espérons qu’une chose, revoir notre « plus gros festival indoor » local renaître de ses cendres et pourquoi repartir sur des bases solides. Un peu comme notre cher Racing Club de Strasbourg, revenu tel un phoenix de la CFA vers la Ligue1. Quitte à faire le choix pour les Artéfacts de faire une croix temporaire sur le Booking au Zenith et de profiter de l’été pour booker d’excellents Middle Names voir des petites perles ou découvertes entre deux dates de festivals et ainsi faire une semaine complète de concerts à la Laiterie… Une idée. Festival des Artéfacts on t’attend en grande forme d’ici 2018 te voilà prévenu !

Après cette analyse coup de poing et cri du coeur, trêve de bavardages, taillons dans le gras et le groin et passons à la programmation !

Royal Republic – Prenez mes couronnes

Démarrage à l’heure, c’est à dire 13h30 dans le Zenith toujours en configuration de petit gala et une fosse aux abonnés absents. Bien qu’habitué à tourner en France et notamment dans le coin avec plusieurs passages à leur actif à la Laiterie de Strasbourg ces précédentes années. Ces quatre nordiques restent bien moins reconnu dans notre contrée que leurs camarades Suédois de The Hives, venus eux aussi sur cette même scène du Zenith de Strasbourg lors de l’édition précédente. Partageant plus qu’une simple nationalité avec leurs compatriotes de renoms, les Royal Republic sortent eux aussi de la même école scandinave du Power-Rock lorgnant à foison sur le ton humoristique. Aussi sympathique et bien habillé que The Hives, ils semblent avoir mis l’accent sur une mise en scène plus léchée depuis quelques temps. La comparaison avec les homologues s’arrête cependant là, le groupe d’ Adam Grahn garde ses particularismes et son humour gras si joviale et ses « non-tubes » rock rentrant d’une oreille pour ressortir dans l’autre et aller chez le voisin pour que celui-ci chante le refrain. Du Easy-Listening et Singing Rock avec de la prestance et une scénographie loin d’être minimale si l’on compare avec ce que nous avons pu voir le reste de la journée. La taille de cette scène ne leur a pas fait peur, loin de là . En somme, le groupe a parfaitement rempli son rôle de défricheur à une heure ou la plupart des gens sont encore attablé devant la traditionnelle blanquette de veau. Enchaînement de singles plus ou moins connu du public « Week-end Man », « Kung-fu Lovin' »  ou encore « Tommy-Gun » entrecoupé d’une sympathie communicative ainsi que de nombreux dialogues avec le public. Ils se prendront par la suite au jeux de la « Song Request et nous gratifieront  de quelques reprises improvisées de grands classiques tels que Battery de Metallica ou Ace Of Spades de Motorhead, avec brio. En plus d’avoir une bonne balance et un son étonnement précis pour cette vaste salle qui avait pu parfois nous décevoir à ce niveau . On a passé un super moment devant Royal Republic qui s’en sort haut la main avec un set encore plus franchouillard et vivant que le dernier donné dans la région. Un départ sous les applaudissements des premiers spectateurs, et des fans en plus d’acquis pour le groupe.

Flogging Molly – Indicateur au vert

Deuxième groupe à ouvrir le bal à un horaire tout aussi dominical, ce sont les Américains de Flogging Molly. Toujours pas du Metal à l’horizon mais bel et bien un des plus grands groupes de Punk Celtique existant. Si les Dropkick Murphys garde le titre (et la couronne) du genre en terme d’audience, on peut aisément s’avancer pour décerner la médaille d’argent en terme de popularité à ce Septet tout droit venu de Los Angeles mais qui garde sa racine dans le doux pays de la Guiness et du Shamerock. Plus Folk-Punk que leurs comparses du Massachusetts, c’est véritablement le Leader et Frontman Dave King, véritable Irlandais qui mène la danse durant le set. Avec un son tout aussi excellent que durant Royal Republic, la voix de King, s’entremêle agréablement aux violons, mandolines, flutes et même accordéons. Des instruments pour le moins « exotiques » au vu du reste de la programmation à venir. Reprenant cet esprit convivial et en insufflant un son plus dansant et des rythmes endiablés, on voit pour la première fois la fosse se prendre au jeux du Folklore Irlandais et à se mettre à danser sur ces thématiques d’apparences répétitives mais qui gardent un charme fou. Sur scène on apprécie le jeux de lumières en constante transition, le nombre de musiciens plutôt mobile est un régal pour les yeux, on ne sait ou donner de la tête, ça bouge de partout. King plutôt bavard n’hésitera pas à partager quelques Guiness bien fraîches avec son public et tentera quelques conversations dans un français approximatif mais chaleureux . Plus dansant et plus « clean » qu’avaient pu l’être les Dropkick, avec des pistes comme « Drunken Lullabies », « Devil’s Dance Floor » ou « Requiem For a Dying Song ». Si les relants Punks se sont fait sentir notamment sur la première partie du set (« The Worst Day Since Yesterday ») avec leurs anciens morceaux. Un distinguo notable avec les dernières chansons plus « matures » et lentes du dernier album en date « Life Is Good ». Deux ères qui ne s’opposent pourtant pas, sur un créneau d’une heure, leur prestation était la pioche parfaite pour un genre « de niche » mais qui fait mouche en festival.

Anthrax – Tous contaminés

A une heure presque respectable, on voit apparaître sur scène enfin le premier nom réellement « Métal » du jour. Si il reste le groupe le moins en vogue du Big Four Of Thrash (incluant aussi Metallica, Slayer et Megadeth) Anthrax n’en garde pas moins un statut de groupe légendaire de son genre et à su à travers les années, garder son intégrité musicale tout en trustant la position de formation la plus fun et sympathique du lot. Un horaire assez inhabituel donc pour ce groupe souvent plus proche des longues soirées de tête d’affiche, mais qui débarque sans crier gare, dans un noir complet pour de suite envoyer la sauce piquante. Le tout accompagné d’une bannière géante sérigraphiée sous le graphique de leur dernier album en date, le très coloré « For All Kings » paru l’an dernier déjà. Avec une première partie de set largement orienté sur les pistes issues de « Among The Living », disque phare du groupe et étendard nostalgique. Scott Ian et sa bande semble avoir adapté leur Setlist à la circonstance et on du prendre conscience de la rareté de leur présence dans l’Est de la France. Une Set-list au petit oignon donc pour contenter le fan de la première heure venue tout en cheveux gars, essayer de concurrencer Franck Bello en terme de Headbanging (le bonhomme sera tout simplement en mode pile radioactive tout le set). Belladona en grande forme se dandine de gauche à droite de la scène en trimballant son micro et s’adonnant à des mimiques folles tandis que les guitaristes cheveux aux vents (désolé Scott…) entament les premiers riffs en powerchord bien tranchants. On en réfléchissant il ni y’avait que Charlie Benante qui semblait bien seul et perdu derrière sa batterie, faisant le taff discrètement mais surement. Si on est largement passé à un autre niveau en terme de présence scénique en comparaison les groupes précédents pourtant loin d’être mauvais de ce côté. Fort est de constater que la qualité du son à quant a elle diminué dans une même proportion. Sans être criard ou dissonant, la balance nous a semblé manquer de corps et surtout de tenue, surtout dans les aigus. Un son global qui s’est tout de même un peu amélioré le long du set avec de bons passages solistes notamment orchestré avec brio par Jonathan Donais, le dernier venu de la bande (en provenance des Shadows Fall).  Un set bien Thrash,kiffant et tout sauf sérieux mais lui aussi généreux (le fil rouge de la journée ou presque) qui se clôturera sur le tube en version longue « Indians » mais sans l’incontournable « Antisocial ». Stupeur dans le public, se tramerait-il quelque chose derrière cette Setlist ayant omis ce hit ?!

Powerwolf – Le chant du Loup Germanique

Pas le temps de trop réfléchir à la chose, vient en fin d’après-midi les Allemands de PowerWolf. Eux aussi en terrain connu, habitués de la région et voisin presque limitrophes, ils ont pu jouir de leur réputation locale et d’une délégation allemande dans le publique acquise à leur cause. Un match à domicile d’apparence peinard qui n’a pas empêché le groupe de s’engager dans une promotion artistique trilingue et grandiloquente. Encore une fois un son dans l’ensemble plus que correct et bien défini au niveau de chaque instrument.Volume sonore appréciable et vocalises nets, vraiment le plus de la journée au cumulé. Un fait assez rare pour être signalé lorsque plusieurs productions se chevauchent dans une salle de si grande taille. Mention particulière à la scénographie, les maquillage et l’exploitation de la scène, notamment des deux guitaristes qui ont accumulés les allers-retours et échanges en mode Autobahn un dimanche matin de printemps. Powerwolf c’est un peut comme votre correspondant Allemand Gothique en classe de 4ème. Un apriori négatif de prime à bord, en plus la France viens de se prendre une tannée en Coupe d’Europe contre l’Allemagne et vous étudiez avec passion les deux dernières guerres mondiales en Histoire-Géo avec un prof un peut trop nostalgique du Maréchal. Bref question amitié Franco-Allemande, la relation est pas au top ! Mais bon, on vous a forcé à aller le voir et à échanger avec votre correspondant. Et là vous vous rendez-compte que votre petit correspondant et bien en plus d’être assez sympa et bavard, il se démène pour s’adapter à vous et faire l’effort de briser la barrière de la langue et du genre musical. Au delà, de son étrange maquillage, se cache un artiste incompris et surtout un mec plutôt cool dont on ne peut finalement pas reprocher grand chose, à défaut d’adhérer au genre. En somme, une prestation généreuse pour des Allemands qui auront eu le mérite de transcender leurs fans tout en prêchant leur vision du Metal à des non convertis qui auront tout de même passé un moment tout sauf déplaisant durant l’après-midi. Chapeaux messieurs !

Mastodon – Du sable dans l’ampli

Bon, on ne va pas se le cacher, à la rédaction si l’annonce d’un Powerwolf nous a laissé de marbre à la base. Notre excitation fut d’un tout autre niveau à suite à l’annonce de notre boys-band d’Atlanta préféré et de groupe « finalement plus vraiment Sludge » du moment (depuis plus de cinq ans). Constat biaisé dès le départ, si Powerwolf cristallise typiquement la réussite d’un concert dont on attendait finalement rien, l’inverse s’est déroulé devant le Set de Mastodon qui nous franchement laissé sur notre faim. Tout sauf une catastrophe industrielle, loin de là. La prestation d’un des quatuors les plus adulés de la scène Metal actuelle n’a clairement pas été au niveau de ce que l’on à pu voir ces dernières années chez eux. Avec une Set-List complexe, Mastodon a fait presque figure de groupe du jour ayant eu le plus de difficulté à « convaincre » son audience. De par la large palette sonore développée depuis « Remission », le quatuor navigue entre les lignes de conduites et prends des risques. Trop ? Une question qui est à se poser quand on vois les difficultés techniques qui s’accumulent souvent en live notamment pour Brent Hinds qui a encore une fois eu un soucis technique, un vrai nid d’abeilles qui à presque saboté les premiers morceaux. Le groupe qui a déjà du revoir ses engagements sonores suite à la parution de Crack The Skye et le renouveau technique, a largement améliorer ses prestations vocales cependant. Troy le Frontman Bassiste a laissé plus de place à Brent et surtout à Brann à la batterie qui à quant à lui gagné en clarté au niveau du chant. La qualité des musiciens n’est évidemment pas à remettre en question cependant, qu’on se le dise la puissance de Mastodon réside bel et bien dans la créativité incroyable de leurs mélodies sans tomber dans le compromis ou des bassesses de facilité d’écriture. Le pari de réussir à composer des pistes épiques et techniques tout en gardant un univers musical en constant évolution, là est la force de Mastodon, ne pas se contenter de publier un « Remission » bis à chaque fois. Mais dans le Bus magique du Rock, tout ne se déroule pas comme on le veux à chaque fois quand la poste est verglaçante même Mademoiselle Billantête peut partir en latte. Avec le temps on ne peut que constater les enchaînements de problèmes techniques par moment sur leurs tournée et des approximations sonores, problèmes de balances. On peut comprendre que reproduire live la puissance sonore et le parfait mélange des niveaux du studio doit être un challenge herculéen pour les Techniciens et ingé-son, mais le Gap entre les pistes ne semblent pas aider les pauvres hommes dans cette recherche. Il conviendrait peut-être de réadapter la setlist messieurs ?  Pour celle-ci d’ailleurs, c’est simple. On peut aisément la diviser en deux gros blocs monolithes. Une première partie fourre tout à problèmes techniques et une deuxième partie du Set qui sauve la prestation des Américains avec l’enchaînement titanesque des tubes du dernier album en date « Sultan’s Curse » (qui fut cependant le titre d’introduction). Si le son n’a jamais été optimal, celui-ci resta néanmoins plus « appréciable » lors de la fin de ce Set avec toujours de gros changement techniques au niveau des réglages sonores entre chaque pistes, on a vraiment pu ressentir des différences notamment dans les Medium à chaque piste. Si le plaisir n’était donc pas optimisé, c’était véritablement cette partie comprenant à la suite l’imposant « Andromeda », le tube radio-friendly « Show Yourself » (qui trouve toute son puissance en live), « Precious Stones », « Roots Remain » et la perle « Steambreather » qui convaincra définitivement les fans d’avoir bien fait le détour pour les voir aujourd’hui, au moins eux. Peu bavard comme à leur habitude (à l’exception de Troy) et semble t-il bien conscient de la faiblesse inhabituelle de leur prestation de ce soir, Mastodon n’aura sans doute pas fait des émules et aura laissé dubitatif bon nombre de spectateurs qui les attendaient comme la Vrai tête d’affiche de cette journée. Dommage.

Trust – Club Med et Zola

Fin de journée en compagnie de la tête d’affiche officielle du festival et du retour moyennement attendu de Bernie et Nono. Trust, groupe symbole d’une génération qui n’est plus celle d’aujourd’hui revient sur le devant de la scène avec dans ses bagages des textes pourtant toujours autant d’actualité. L’entrée en scène de Bernie posa évidemment question dans l’assistance, look décontracté et Bob comme au Hellfest et démarche hésitante voir tremblante. Pourtant la performance vocale à défaut de celle scénique est clairement au niveau, on reconnaît les vocales du Bonvoisin. Une verve vocale bien présente, trop peut être ? Bernie s’amusant même à venir narguer les culs-assis des gradins. Prestation étrange du groupe avec des musiciens qui font le taff mais sans franchement d’âme (bassiste excepté qui semble vraiment avoir apprécié le moment). Stoïcisme presque générale si l’on ne prenait pas en compte le Capitaine Nono, guitariste rythmique et dernière âme flottante du bateau trust, grand timonier de ce navire houleux. Le guitariste à toujours la forme, l’énergie et le son qui va bien. Rien à dire sur sa prestation et sa motivation, il sauve à lui seul ce set qui s’embarque sur une croisière à remous ou on comprends bien mal le choix des titres. Dans le public on se cherche, ou sont les hits ? Ils sont bien peu à chanter, tous n’attendent que le grand classique et attendrons donc la fin du set. Un set qui se finira sans surprise pour beaucoup, avec l’apparition des membres d’Anthrax ayant omis volontairement de jouer la reprise de ces derniers quelques heures plus tôt afin de revenir comme des princes sur scène pour entamer avec leurs aînés, « Antisocial » mais en version Anthrax. Un bon moment, mais qui ne permit pas à tous de réellement profiter du moment tant attendu pour enfin beugler le refrain à tu tête. Moins pire qu’annoncé, sans être exceptionnelle ce dernier concert à un amer goût, un mélange de Nostalgie incomplète, un peu de peine aussi. On repart sur l’impression d’avoir vu un tribute de Trust sympathique mais incomplet, plus un feat Bernie & Nono qu’une tête d’affiche aux dents longues.